De l'argile de Babylone aux applications d'aujourd'hui : comment les humains ont lu le ciel, et ce que chaque époque nous a laissé.
Depuis qu'il y a des villes, il y a des gens qui regardent le ciel pour y lire autre chose que le temps qu'il fera. Les premiers scribes de Mésopotamie notaient les éclipses comme on consigne un avertissement. Quatre mille ans plus tard, une application envoie une notification à propos de Mercure. Entre les deux, l'astrologie a traversé presque toutes les civilisations, changé de langue, de méthode et de clientèle, sans jamais tout à fait disparaître.
Cette histoire n'est pas une ligne droite. Des traditions sont nées séparément, en Chine, en Inde, en Mésoamérique, avec leurs propres calendriers et leurs propres questions. D'autres se sont mêlées. L'horoscope tel que vous le connaissez, avec son ascendant et ses douze maisons, est le fruit d'une rencontre entre savoirs babyloniens et égyptiens dans l'Égypte grecque. Il a ensuite voyagé par Bagdad, Tolède et les universités médiévales avant d'arriver dans la presse du XXe siècle. Certaines « traditions » sont même beaucoup plus récentes qu'elles ne le prétendent, et nous le signalons chaque fois.
Un mot d'honnêteté avant de commencer. L'astrologie n'est pas une science au sens où l'entendent aujourd'hui la physique ou la biologie : les études contrôlées n'ont pas mis en évidence d'effet des astres sur le caractère ou le destin. Elle reste pourtant l'une des plus anciennes grilles de lecture que l'humanité se soit données. Pendant des siècles, elle a été indissociable de l'astronomie, de la médecine et du pouvoir. On peut la lire comme un langage symbolique et culturel, et c'est dans cet esprit que ces pages la racontent.