Le Secret des AstresMon espaceMon thème
vers 300 av. J.-C. – aujourd'hui · Mésoamérique (Yucatán, Chiapas, Guatemala, Belize)

Astrologie maya

Chez les Mayas, le temps avait un visage. Chaque jour portait un nom, un nombre et un caractère.

Faire le calcul pour moi

Le cœur de la tradition maya n'est pas un zodiaque mais un calendrier. Le tzolk'in combine vingt noms de jours et treize nombres, soit un cycle de 260 jours. Il s'engrène avec le haab', année de 365 jours, pour former un grand cycle de 52 ans. À côté, le « compte long » numérote les jours depuis une date mythique correspondant à l'an 3114 avant notre ère.

Le jour de naissance dans le tzolk'in colorait le caractère et la destinée d'une personne. Des spécialistes du calendrier choisissaient aussi les dates des rites, des guerres et des intronisations. L'astronomie maya était remarquable : le Codex de Dresde contient des tables de Vénus et des tables d'éclipses d'une grande précision.

L'essentiel des livres mayas a été détruit. En 1562, à Maní, l'évêque franciscain Diego de Landa fait brûler des manuscrits jugés idolâtres. Il décrit lui-même le calendrier quelques années plus tard. Seuls quatre codex ont survécu : ceux de Dresde, de Madrid, de Paris, et un quatrième, longtemps appelé Codex Grolier, dont l'authenticité a été confirmée en 2016. La datation du Codex de Dresde varie selon les spécialistes, qui le situent en général entre le XIe et le XIIIe siècle.

Le calendrier de 260 jours n'a jamais disparu. Dans les hautes terres du Guatemala, des gardiens des jours, les aj q'ij, le tiennent encore et s'en servent pour conseiller. Les « signes mayas » proposés aujourd'hui dans les magazines sont en revanche une adaptation moderne. Ils empruntent les vingt jours du tzolk'in mais les lisent souvent à la manière d'un horoscope occidental.

La date du 21 décembre 2012 correspondait à la fin d'un grand cycle du compte long. Rien dans les inscriptions mayas connues n'annonçait une fin du monde. Cette idée est née bien plus tard, dans la culture populaire occidentale.

Ce qu'elle nous a laissé

  • Le cycle de 260 jours (tzolk'in) et ses vingt signes de jours
  • La combinaison d'un nombre et d'un signe pour qualifier chaque naissance
  • Un calendrier rituel partagé avec les autres peuples mésoaméricains
  • Une astronomie de Vénus d'une précision exceptionnelle
  • Une pratique vivante chez les gardiens des jours du Guatemala

Figures

  • Diego de Landa : Évêque franciscain, responsable de l'autodafé de Maní (1562) et auteur de la Relación de las cosas de Yucatán
  • Francisco Ximénez : Dominicain qui copia et traduisit le Popol Vuh au début du XVIIIe siècle
  • Ernst Förstemann : Bibliothécaire de Dresde qui déchiffra à la fin du XIXe siècle le système calendaire du codex
  • Youri Knorozov : Linguiste soviétique qui ouvrit en 1952 la voie au déchiffrement phonétique de l'écriture maya

Sources historiques

  • Codex de Dresde
  • Codex de Madrid
  • Codex de Paris
  • Codex maya du Mexique (ex-Codex Grolier)
  • Popol Vuh
  • Livres de Chilam Balam (époque coloniale)