Astrologie grecque hellénistique
Ascendant, maisons, aspects, maîtrises : presque tout le vocabulaire de l'astrologie occidentale a été fixé en grec, entre Alexandrie et Rome.
À partir du IIe siècle avant notre ère, dans l'Égypte gouvernée par les Grecs, se forme un système nouveau. Il prend le zodiaque aux Babyloniens, les décans aux Égyptiens et la logique à la philosophie grecque. Pour la première fois, un thème de naissance se lit comme un ensemble ordonné : des planètes, placées dans des signes, réparties dans des lieux, reliées entre elles par des angles.
Les premiers grands textes conservés datent des débuts de notre ère. À Rome, sous Auguste ou Tibère, le poète Manilius compose les Astronomica, long poème latin sur les signes. Au Ier siècle, Dorothée de Sidon écrit en vers un manuel qui nous est surtout parvenu par une traduction arabe. Au IIe siècle, Vettius Valens rassemble dans ses Anthologies des centaines d'exemples tirés de sa pratique, une rareté précieuse.
Le texte le plus influent reste le Tétrabiblos de Claude Ptolémée, écrit à Alexandrie au IIe siècle. Ptolémée, qui est aussi l'auteur de l'Almageste, le grand traité d'astronomie de l'Antiquité, cherche à donner à l'astrologie une base physique. Pour lui, les planètes agissent par des qualités : chaud, froid, sec, humide. Son approche prudente et théorique fera autorité pendant quinze siècles.
L'astrologie gagne le pouvoir romain. Tibère garde près de lui l'astrologue Thrasylle. Auguste, selon Suétone, rend public son propre thème et fait frapper des monnaies au Capricorne. Les empereurs expulsent pourtant régulièrement les astrologues de Rome, par crainte qu'on calcule la date de leur mort. Au IVe siècle, Firmicus Maternus rédige la Mathesis, le plus complet des manuels latins.
Les critiques n'ont pas attendu la science moderne. Cicéron, dans son traité De la divination, demande pourquoi des jumeaux connaissent des destins différents et si tous les soldats tués à Cannes étaient nés sous le même astre. Sextus Empiricus consacre un livre entier à contester les astrologues. Le débat entre croyance, symbole et preuve est presque aussi vieux que l'horoscope lui-même.
Ce qu'elle nous a laissé
- L'ascendant et les douze maisons (appelées alors « lieux »)
- Les aspects : conjonction, sextile, carré, trigone, opposition
- Les domiciles planétaires : Mars maître du Bélier, Vénus du Taureau et de la Balance, etc.
- L'association des signes aux quatre éléments par triplicités
- La Part de Fortune et les autres « lots » calculés
- Les dignités et débilités (domicile, exaltation, exil, chute)
Figures
- Claude Ptolémée : Astronome d'Alexandrie (IIe siècle), auteur du Tétrabiblos
- Dorothée de Sidon : Poète-astrologue du Ier siècle, auteur du Carmen astrologicum
- Vettius Valens : Astrologue praticien du IIe siècle, auteur des Anthologies
- Manilius : Poète latin, auteur des Astronomica (début du Ier siècle)
- Thrasylle : Astrologue et philosophe, conseiller de l'empereur Tibère
- Firmicus Maternus : Auteur latin de la Mathesis (IVe siècle)
Sources historiques
- Tétrabiblos de Ptolémée
- Astronomica de Manilius
- Carmen astrologicum de Dorothée de Sidon
- Anthologies de Vettius Valens
- Mathesis de Firmicus Maternus
- De divinatione de Cicéron (critique)