Astrologie égyptienne
Avant les signes du zodiaque, l'Égypte comptait les nuits avec trente-six étoiles. Ces décans sont encore là, cachés dans chaque signe.
Faire le calcul pour moiL'Égypte ancienne n'a pas pratiqué d'astrologie au sens babylonien du terme avant une date tardive. Elle a pourtant légué un outil central : les décans. Il s'agit de trente-six étoiles ou groupes d'étoiles dont le lever successif, à peu près tous les dix jours, servait à mesurer l'année et à découper la nuit en heures. On les trouve peints en tableaux à l'intérieur de couvercles de sarcophages à partir de la fin du IIIe millénaire avant notre ère. Les égyptologues parlent d'« horloges stellaires diagonales ». Ces décans sont donc plus anciens que le zodiaque babylonien, même si l'astrologie égyptienne proprement dite est plus tardive.
Vers 1470 av. J.-C., le plafond de la tombe de Senenmout, grand intendant de la reine Hatchepsout, présente l'une des plus anciennes cartes du ciel égyptien, avec ses décans et ses constellations. Ces représentations ont une fonction religieuse. Le défunt voyage avec les étoiles et renaît avec elles.
Tout change à l'époque ptolémaïque, après 332 av. J.-C., quand l'Égypte est gouvernée par des rois grecs. Le zodiaque babylonien entre dans les temples. Le célèbre zodiaque de Dendérah, bas-relief circulaire sculpté vers le milieu du Ier siècle avant notre ère, mêle les douze signes, les planètes et les trente-six décans. Détaché du temple en 1821, il est aujourd'hui conservé au musée du Louvre.
Dans ce creuset, les décans deviennent des tranches de dix degrés du zodiaque, trois par signe. Chacune reçoit un maître planétaire et parfois une image propre. Des textes attribués à un roi Néchepso et à un prêtre Pétosiris, en réalité rédigés sous ces noms prestigieux vers le IIe siècle avant notre ère, deviennent des autorités pour les astrologues grecs. D'autres écrits circulent sous le nom d'Hermès Trismégiste, figure mythique et non historique.
L'origine exacte de l'astrologie horoscopique reste débattue. La plupart des historiens estiment qu'elle s'est formée dans l'Égypte hellénistique, en combinant les signes babyloniens, les décans égyptiens et la philosophie grecque. Le mot « horoscope » vient du grec hôroskopos, « celui qui observe l'heure » : il désignait à l'origine le degré qui se lève à l'horizon, notre ascendant.
Ce qu'elle nous a laissé
- Les trente-six décans, devenus des segments de dix degrés dans chaque signe
- La division de la nuit en douze heures, issue du lever successif des décans
- Le calendrier civil de 365 jours
- L'importance du point qui se lève à l'horizon, futur ascendant
- Les correspondances entre décans et parties du corps, reprises par la médecine astrologique
Figures
- Senenmout : Grand intendant de la reine Hatchepsout ; le plafond de sa tombe (vers 1470 av. J.-C.) figure le ciel et les décans
- Héphestion de Thèbes : Astrologue égyptien de langue grecque (vers 415), dont les Apotelesmatika conservent des fragments de Néchepso et Pétosiris
- Jean-François Champollion : Montra en 1822 que le zodiaque de Dendérah datait de l'époque gréco-romaine, et non d'une antiquité fabuleuse
Sources historiques
- Horloges stellaires peintes sur les couvercles de sarcophages du Moyen Empire
- Plafond astronomique de la tombe de Senenmout (TT353)
- Zodiaque de Dendérah, musée du Louvre
- Fragments attribués à Néchepso et Pétosiris
- Liber Hermetis, compilation hermétique sur les décans