Le Secret des AstresMon espaceMon thème
vers 1250 av. J.-C. – aujourd'hui · Chine, puis Corée, Japon, Vietnam

Astrologie chinoise

En Chine, le ciel était une administration. Chaque étoile avait un rang, chaque région de l'empire son reflet là-haut.

Faire le calcul pour moi

Les inscriptions divinatoires sur os et carapaces de la dynastie Shang, vers 1250-1050 av. J.-C., mentionnent déjà des éclipses et des phénomènes célestes. Pendant très longtemps, l'astrologie chinoise est une affaire d'État. Le ciel est pensé comme le miroir de la cour. Chaque secteur céleste correspond à une région de la terre, selon un système appelé fenye. Une comète dans tel secteur concerne telle province.

Vers 94 av. J.-C., l'historien Sima Qian consacre dans ses Mémoires historiques un chapitre entier au ciel, le « Traité des offices célestes ». Les étoiles y portent des titres de fonctionnaires. Un bureau impérial observe, calcule et interprète pour l'empereur, dont la légitimité repose sur le « mandat du Ciel ». Au XVIIe siècle, ce bureau sera même dirigé par un jésuite allemand, Adam Schall von Bell.

Les douze animaux que tout le monde connaît ont une histoire plus tardive. Des manuscrits sur lamelles de bambou retrouvés à Shuihudi, dans une tombe datée vers 217 av. J.-C., associent déjà des animaux aux douze rameaux terrestres, avec des différences par rapport à la liste actuelle. La série classique apparaît au Ier siècle dans le Lunheng du philosophe Wang Chong. Ces animaux s'inscrivent dans le cycle sexagésimal, qui combine dix troncs célestes et douze rameaux terrestres, et dans la théorie des cinq phases : bois, feu, terre, métal, eau.

L'astrologie personnelle se développe surtout sous les Tang et les Song. On attribue à Li Xuzhong, sous les Tang, puis à Xu Ziping, au Xe siècle, la méthode des « quatre piliers ». Elle lit la destinée à partir de l'année, du mois, du jour et de l'heure de naissance, chacun exprimé par un couple tronc-rameau. Une autre méthode, le Zi Wei Dou Shu, apparaît sous les Song.

Un détail compte pour le calcul. L'année chinoise ne commence pas le 1er janvier. Pour le Nouvel An populaire, elle suit la nouvelle lune située entre fin janvier et mi-février. Pour les quatre piliers, on retient souvent le début du printemps solaire, vers le 4 février. Une personne née en janvier appartient donc presque toujours au signe de l'année précédente.

Ce qu'elle nous a laissé

  • Les douze animaux associés aux années
  • Le cycle de soixante ans, combinaison des troncs célestes et des rameaux terrestres
  • Les cinq phases (wuxing) et l'équilibre du yin et du yang
  • La méthode des quatre piliers de la destinée (BaZi)
  • Une astrologie d'État fondée sur la correspondance entre ciel et territoire

Figures

  • Sima Qian : Historien (vers 145-86 av. J.-C.), auteur du « Traité des offices célestes » dans les Mémoires historiques
  • Zhang Heng : Savant de la dynastie Han (78-139), astronome, auteur d'une sphère armillaire
  • Wang Chong : Philosophe (Ier siècle), dont le Lunheng donne la première liste classique des douze animaux
  • Xu Ziping : Astrologue du Xe siècle, auquel la tradition attribue la forme moderne des quatre piliers
  • Adam Schall von Bell : Jésuite allemand, directeur du bureau impérial de l'astronomie au début des Qing

Sources historiques

  • Inscriptions oraculaires de la dynastie Shang
  • Wuxing zhan, manuscrit sur soie de Mawangdui (IIe siècle av. J.-C.)
  • Tianguan shu, « Traité des offices célestes », dans le Shiji
  • Rishu (« livres des jours ») de Shuihudi
  • Lunheng de Wang Chong
  • Carte stellaire de Dunhuang (vers le VIIe siècle)