Dire « lapin » sur un bateau
Prononcer le mot lapin à bord d'un bateau porterait malheur. Les marins disent plutôt « l'animal aux longues oreilles ».
D'où vient cette croyance
L'explication la plus répandue est pratique. Autrefois, on embarquait des lapins vivants pour les manger pendant la traversée. S'ils s'échappaient, ils rongeaient les cordages de chanvre, les sacs et l'étoupe qui rendait la coque étanche. Une voie d'eau ou une cargaison mal arrimée pouvait suffire à couler le navire. Cette origine est logique et largement citée, même si aucun document ne permet de dater la naissance de l'interdit.
L'interdit du mot s'inscrit dans une tradition plus large de tabous de langage chez les marins. On évite de nommer ce que l'on craint, comme on évite ailleurs de dire corde, ou de prononcer certains noms de poissons. Le mot remplace le danger, et l'éviter donne un sentiment de maîtrise.
Selon les régions
En Bretagne, en Normandie et dans les ports français, l'interdit est connu de tous les marins, y compris des plaisanciers. Au Royaume-Uni, sur l'île de Portland, le mot rabbit est aussi évité, on dit plutôt « underground mutton ». Sur certains bateaux, le mot corde est également proscrit, on dit bout.
Ce que dit la tradition pour la conjurer
Toucher du bois ou le mât, et ne pas répéter le mot. Certains marins font jeter à l'eau une pièce ou un petit objet par la personne qui l'a prononcé.
L'origine pratique est crédible et rappelle que beaucoup de superstitions maritimes sont nées de dangers réels. Aujourd'hui, un lapin ne coulerait pas un voilier moderne. Le tabou s'est maintenu comme un code de la communauté des gens de mer, et le respecter à bord est surtout une marque de courtoisie envers l'équipage.
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Questions fréquentes
Pourquoi ne faut-il pas dire lapin sur un bateau ?
Les lapins embarqués pour la nourriture rongeaient les cordages et l'étoupe de la coque, ce qui pouvait provoquer des naufrages. Le mot est resté tabou chez les marins.
Quel autre mot est interdit sur un bateau ?
Le mot corde est aussi évité : les marins parlent de bout, d'écoute ou de drisse. On évite aussi de siffler à bord, par crainte d'appeler le vent.