Imposition des mains
Geste religieux millénaire, puis technique de soin infirmier aux États-Unis, l'imposition des mains reste l'un des gestes les plus universels du soin spirituel.
L'imposition des mains consiste à poser les mains sur une personne, ou à les tenir au-dessus d'elle, dans l'intention de la soulager ou de la bénir. Le geste est présent dans de nombreuses religions et dans la plupart des pratiques énergétiques : magnétisme, reiki, soins spirituels.
Selon le contexte, il prend un sens différent. Dans une église, c'est une prière accompagnée d'un geste, sans prétention médicale. Chez un praticien énergétique, il s'agit de « transmettre » ou de « rééquilibrer » une énergie. Le cadre et l'intention diffèrent alors profondément, et le prix aussi parfois.
Histoire et transmission
Le geste apparaît dans la Bible, aussi bien pour bénir que pour guérir, et il est resté dans plusieurs sacrements chrétiens comme l'ordination ou l'onction des malades. Au Moyen Âge, les rois de France et d'Angleterre touchaient les malades atteints d'écrouelles, une forme de tuberculose, au lendemain du sacre. La pratique a été abandonnée en France après Charles X, en 1825.
Dans les années 1970, une infirmière américaine, Dolores Krieger, a développé le « toucher thérapeutique », une version laïque de l'imposition des mains enseignée dans des écoles d'infirmières. Aujourd'hui, le geste se retrouve dans les groupes de prière charismatiques, chez les magnétiseurs et dans de nombreux cabinets de soins énergétiques.
Comment se passe une séance
Dans un cadre religieux, l'imposition des mains est gratuite et dure quelques minutes, au cours d'une célébration ou d'une prière. Chez un praticien, la séance dure souvent de trente minutes à une heure, habillé, allongé ou assis. Les tarifs varient beaucoup, généralement entre 40 et 80 € en cabinet. Un groupe de prière qui demande de l'argent pour une guérison doit vous alerter.
Pourquoi on consulte
Les gens viennent chercher un apaisement, un réconfort pendant une épreuve, parfois un soutien pendant une maladie. Beaucoup décrivent une sensation de chaleur, de paix ou d'émotion forte. Pour les croyants, le geste a aussi une dimension spirituelle qui dépasse la question du soin.
En 1998, la revue médicale JAMA a publié l'expérience d'Emily Rosa, une écolière de onze ans. Vingt et un praticiens du toucher thérapeutique devaient sentir, sans la voir, au-dessus de laquelle de leurs mains elle tenait la sienne. Ils ont répondu juste dans 44 % des cas, soit moins que le hasard. Les études cliniques n'ont pas montré d'effet supérieur au placebo, même si le calme et la présence d'une autre personne apaisent réellement.
Bien choisir, et repérer les charlatans
- Personne ne doit vous promettre une guérison, que ce soit au nom d'une énergie ou d'une foi.
- Aucun groupe ni praticien ne doit vous demander d'arrêter un traitement. Certaines dérives religieuses ont conduit à des décès par refus de soins.
- Le geste lui-même ne coûte rien. Méfiez-vous des dons « obligatoires », des tarifs croissants et des achats imposés.
- Restez attentif à l'isolement : un groupe qui vous éloigne de vos proches ou décide à votre place présente des signes de dérive.
- La Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) reçoit les signalements. En cas d'escroquerie ou de danger, le 17 et le dépôt de plainte restent possibles.
Ces pratiques ne remplacent pas un avis médical. N'arrêtez jamais un traitement sans en parler à votre médecin.
Les autres pratiques
Questions fréquentes
L'imposition des mains est-elle forcément religieuse ?
Non. Elle existe dans les cultes, mais aussi dans des pratiques laïques comme le toucher thérapeutique ou le magnétisme.
Faut-il un contact physique ?
Pas toujours. Beaucoup de praticiens tiennent les mains à quelques centimètres du corps.
Peut-on la recevoir pendant une hospitalisation ?
Les aumôneries hospitalières la proposent parfois dans un cadre religieux. Parlez-en à l'équipe soignante.